Le Baromètre du numérique est une étude annuelle de référence qui mesure l’adoption des technologies numériques, des équipements et des usages au sein de la population française âgée de 12 ans et plus ; elle est menée par l’Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique (Arcom), l’Autorité de régulation des communications électroniques, des postes et de la distribution de la presse (Arcep), le Conseil Général de l’Économie (CGE), l’Agence Nationale de la Cohésion des Territoires (ANCT), le Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie (Crédoc) . Conduit sur près de 4 145 répondants représentatifs de la société française, l’édition 2026 s’appuie sur une enquête mixte (en ligne et téléphonique) menée en 2025 et intégrée à l’enquête Conditions de vie et aspirations du Crédoc.
Un des enseignements majeurs de cette édition est la diffusion extrêmement rapide de l’intelligence artificielle générative. En 2025, près de 48 % de la population déclare y avoir recours, une progression sans précédent dans l’histoire du Baromètre, bien plus rapide que pour d’autres innovations numériques telles que l’accès à Internet ou le smartphone. L’usage de l’IA est d’abord personnel, encouragé ensuite par le milieu professionnel ou intégré à des plateformes. Les jeunes, les diplômés supérieurs et les cadres restent les plus utilisateurs, tandis que les non-utilisateurs évoquent principalement des freins liés à l’habitude ou au manque de compétences.
L’appropriation des réseaux sociaux et des plateformes de vidéos demeure massive : une proportion importante d’internautes les consultent quotidiennement. Cependant, cette intensité d’usage s’accompagne d’une exposition élevée à des contenus inappropriés, qu’il s’agisse de fausses informations, de contenus violents ou haineux, confrontant les utilisateurs à des risques significatifs. Malgré des moyens de protection déclarés (blocage de comptes, paramètres de confidentialité), le signalement des contenus reste freiné par un manque de connaissance des mécanismes de modération.
Sur le plan des infrastructures, la connectivité poursuit son essor : huit abonnés à Internet fixe sur dix disposent d’une connexion fibre ou câble, et près de six personnes sur dix possèdent un smartphone compatible 5G. Les objets connectés se diffusent également, bien que de manière inégale selon les catégories sociodémographiques.
Le rapport met aussi en lumière des pratiques numériques influencées par des considérations économiques plutôt qu’écologiques : la possession d’équipements d’occasion est stable, la réparation progresse lorsqu’elle est perçue comme rentable, mais le numérique responsable ne constitue pas une priorité forte.
Enfin, malgré une société fortement numérisée, les enjeux d’inclusion numérique persistent. Quatre Français sur dix déclarent encore rencontrer des freins, surtout en lien avec la maîtrise des outils, notamment chez les moins diplômés. L’aide aux proches pour leurs usages numériques, notamment dans les démarches administratives en ligne, reste une réalité importante.
The curator
Baromètre du numérique - édition 2026