Michael Falk explore sur The Conversation l’idée que notre fascination moderne pour l’intelligence artificielle (IA) ne se limite pas à un engouement technologique récent, mais s’enracine dans des mythes, des récits anciens et des automates historiques qui ont traversé les siècles. Selon lui, l’attention dont bénéficie aujourd’hui l’IA est en grande partie façonnée par des mages et croyances profondément ancrées dans l’imaginaire collectif, qui trouvent leurs origines bien avant l’ère numérique contemporaine.
L’article commence par rappeler ces précédents historiques, comme le célèbre canard mécanique de Vaucanson, un automate du XVIIIᵉ siècle qui imitait de manière convaincante la digestion d’un être vivant : bien que purement mécanique, il a suscité l’étonnement et l’attribution d’une sorte de « vie » à la machine, un trait que l’on retrouve dans la manière dont beaucoup interprètent aujourd’hui les systèmes d’IA.
L’auteur met en lien cette fascination historique avec des représentations culturelles plus récentes, où l’IA est parfois imaginée comme une entité quasi-consciente ou capable de pensée autonome. Ces récits s’inscrivent dans des archétypes anciens, tels que Prométhée qui vole le feu aux dieux pour créer la vie, ou encore des traditions imaginant des objets animés par des forces mystérieuses.
Ce parallèle entre mythes anciens et technologies contemporaines sert à montrer que l’IA n’est pas seulement un sujet scientifique ou technique, mais aussi un objet symbolique, chargé de projections humaines : désir de création, peur de perdre le contrôle, ou espoir d’un savoir absolu. Michael Falk invite ainsi à prendre du recul par rapport aux discours sensationnalistes, en reconnaissant que beaucoup de croyances qui entourent l’IA sont moins liées à sa réalité technique qu’à des récits culturels qui nous accompagnent depuis longtemps.
The curator
Article. Du chatbot du pape au canard de Vaucanson, les croyances derrière l’intelligence artificielle ne datent pas d’hier