Dans Distance et Médiations des Savoirs (N° 52 - 2025), Natasha Noben examine la manière dont les dispositifs d’enseignement hybrides – combinant présence et distance – peuvent être conçus, décrits et analysés à l’aide d’outils méthodologiques adaptés. La chercheuse propose d’enrichir le cadre d’analyse de la co-construction des environnements d’apprentissage hybrides développé par Bernadette Charlier et Claire Peltier. Son objectif est de fournir aux enseignants et aux chercheurs des instruments permettant de mieux comprendre la complexité de ces dispositifs et d’en améliorer la conception pédagogique.
L’analyse repose sur un modèle qui articule plusieurs dimensions : les caractéristiques individuelles des apprenants, les caractéristiques de l’environnement d’apprentissage, les interactions entre ces deux éléments et les résultats d’apprentissage perçus ou mesurés. Ce modèle met en évidence la nature dynamique et évolutive des dispositifs hybrides, où l’efficacité pédagogique dépend à la fois des choix de conception et de l’appropriation par les acteurs impliqués.
Le papier propose ensuite une typologie des usages du numérique en éducation afin d’aider à décrire les activités pédagogiques intégrées dans ces dispositifs. Parmi ces usages figurent l’exercisation (entraînement et application de notions), l’expérimentation à travers des simulations ou des environnements immersifs, la création de contenus, les interactions entre participants et l’enregistrement ou la gestion de données. Cette classification vise à faciliter l’analyse des pratiques pédagogiques et à mieux identifier la valeur ajoutée du numérique dans les environnements hybrides.
Un autre aspect central de l’article concerne l’articulation entre présence et distance. L’autrice s’appuie notamment sur une classification de différentes formes d’enseignement hybride, allant du cours entièrement présentiel aux formats combinant présence et distance synchrones ou asynchrones, jusqu’aux dispositifs comodaux permettant aux étudiants de choisir leur mode de participation. Cette diversité de configurations illustre la flexibilité des dispositifs hybrides et leur capacité à s’adapter aux contraintes spatiales, temporelles et pédagogiques des apprenants et des enseignants.
Enfin, l’article souligne l’importance d’outils de visualisation et de scénarisation pédagogique permettant de représenter l’ensemble du dispositif : activités proposées, ressources mobilisées, objectifs d’apprentissage et rôles des acteurs. Ces outils contribuent à garantir la cohérence du dispositif et à identifier d’éventuelles améliorations. Natasha Noben conclut que l’analyse et la conception des dispositifs hybrides doivent s’appuyer sur une approche systémique intégrant à la fois les dimensions pédagogiques, technologiques et organisationnelles, afin de favoriser une intégration pertinente du numérique dans l’enseignement supérieur.
The curator
Article Outiller la conception et la description de dispositifs hybrides