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Chapitre de livre. Le panafricanisme en questions - Le cauchemar de Nkrumah : le franc CFA, ou l’union monétaire contre les Africains

vendredi 20 mars 2026, par Ghislain Chasme

Dans ce chapitre de livre, Nicolas Agbohou analyse le fonctionnement du franc CFA en mettant en évidence le rôle central de ses institutions et les effets économiques de ses principes fondamentaux. Il commence par rappeler que la coopération monétaire franco-africaine était censée favoriser le développement des pays africains. Toutefois, plusieurs décennies d’expérience montrent un constat d’échec : ni la réduction de la pauvreté ni le financement suffisant des infrastructures n’ont été atteints.

L’auteur décrit ensuite les principales institutions de la zone franc (Conférence des chefs d’État, Conseil des ministres, banques centrales et comités nationaux de crédit) en soulignant leur manque réel d’autonomie. Malgré des pouvoirs théoriques importants, ces organes sont largement influencés par la France, comme l’illustrent des décisions majeures prises sans consultation effective des États africains, notamment la dévaluation du franc CFA en 1994. La présence de représentants français dans les banques centrales, dotés d’un droit de veto, garantit à la France un contrôle direct sur les politiques monétaires et de crédit, limitant ainsi la capacité des États à orienter leur développement économique. Le texte met également en lumière le rôle des comités de crédit et les restrictions imposées à l’accès au financement, qui freinent l’investissement, l’emploi et la croissance. Cette situation contribue à expliquer le retard économique des pays de la zone franc par rapport à d’autres régions du monde.

Dans une seconde partie, l’auteur critique les quatre principes fondamentaux du franc CFA. La centralisation des réserves de change au Trésor français, via les comptes d’opérations, est comparée à un système de dépendance économique : elle permettrait à la France de bénéficier des ressources africaines tout en limitant les marges de manœuvre budgétaires des États. La fixité du taux de change avec l’euro est également présentée comme un handicap, réduisant la compétitivité des exportations africaines et exposant ces économies aux fluctuations de l’euro. Par ailleurs, la convertibilité du franc CFA est jugée limitée et peu avantageuse, tandis que la libre circulation des capitaux favorise la fuite des ressources financières vers l’étranger, au détriment de l’investissement local.

Enfin, l’article évoque le projet de remplacement du franc CFA par l’Éco, tout en exprimant des doutes sur sa capacité à rompre réellement avec les logiques de dépendance. Il conclut que le développement africain nécessite des transformations plus profondes, notamment une souveraineté monétaire accrue et une industrialisation locale.


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